Analectes —— Chapitre Premier
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Chapitre Premier

Ce livre contient les enseignements de Confucius, les questions et les rponses qui ont t faites sur l'tude de la sagesse et le gouvernement de l'tat dans les entretiens du Matre avec ses disciples, avec les princes et les ministres de son temps, et qui ont t crites par ses disciples.   Voil pourquoi ce recueil est intitul littralement « Explications et Rponses ».  

Le Matre K'oung tait de la principaut de Lou.   Son nom de famille tait K'oung, son nom propre K'iou et son surnom Tchoung gni.   Son pre Chou leang Ho avait d'abord pous une fille de la famille Cheu, qui lui avait donn neuf filles, mais pas de garçon.   Il avait eu d'une femme de second rang un fils, nomm Meng p'i, qui tait boiteux.   Ensuite il demanda en mariage une fille de la famille Ien.   Cette famille, qui avait trois filles, lui donna la plus jeune, nomme Tcheng tsai.   Tcheng tsai, ayant pri sur le mont Gni K'iou, donna le jour Confucius, qui pour cette raison fut nomm K'iou.  

Avant sa naissance, K'iue li, son pays natal, une licorne vomit un livre orn de pierres prcieuses.   On y lut ces mots : « Un enfant, form des parties les plus subtiles de l'eau, soutiendra l'empire branl de la dynastie des Tcheou et sera roi sans couronne. »   La mre de Confucius fut tonne de ce prodige.   Avec un cordon de soie, elle lia par la corne le mystrieux animal, qui disparut au bout de deux nuits.  

La nuit de sa naissance, deux dragons entourrent le toit de la maison.   Cinq vieillards, qui taient les essences des cinq plantes, descendirent dans la cour.   Auprs des appartements de la mre, on entendit le chant du Cleste Potier.   Des voix dans les airs prononcrent ces mots : « Le Ciel influencera la naissance d'un fils saint. »  




1.  Le Matre dit : « Celui qui tudie pour appliquer au bon moment n'y trouve-t-il pas de la satisfaction ?   Si des amis viennent de loin recevoir ses leons, n'prouve-t-il pas une grande joie ?   S'il reste inconnu des hommes et n'en ressent aucune peine, n'est-il pas un homme honorable ? »  ((1))

    
UN COMMENTAIRE.  


((2))

    
UN AUTRE COMMENTAIRE.  





2.  Iou tzeu((??))

    
Disciple de Confucius.   Le seul, avec Tseng tseu, qui soit dnomm « matre » (N.d..).  


dit : « Parmi les hommes naturellement enclins respecter leurs parents, honorer ceux qui sont au-dessus d'eux, peu aiment rsister leurs suprieurs.   Un homme qui n'aime pas rsister l'autorit, et cependant aime exciter du trouble, ne s'est jamais rencontr.   Le sage donne son principal soin la racine.   Une fois la racine affermie, la Voie peut natre.   L'affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu. »  


3.  Le Matre dit : « Chercher plaire aux hommes par des discours tudis et un extrieur compos est rarement signe de plnitude humaine. »  


4.  Tseng tzeu dit : « Je m'examine chaque jour sur trois choses : si, traitant une affaire pour un autre, je ne l'ai pas traite sans loyaut; si, dans mes relations avec mes amis, je n'ai pas manqu de sincrit; si je n'ai pas nglig de mettre en pratique les leons que j'ai reues. »  


5.  Le Matre dit : « Celui qui gouverne une principaut qui entretient mille chariots de guerre doit tre attentif aux affaires et tenir sa parole, modrer les dpenses et aimer les hommes, n'employer le peuple que dans les temps convenables((??))

    
Afin de ne pas nuire aux travaux des champs.  


. »  


6.  Le Matre dit : « Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et respecter ses parents.   Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus gs ou d'un rang plus lev que lui.   Il doit tre attentif et sincre dans ses paroles; aimer tout le monde, mais se lier plus troitement avec les hommes d'humanit.   Ces devoirs remplis, s'il lui reste du temps et des forces, qu'il les emploie l'tude des lettres et des arts libraux. »  


7.  Tzeu hia dit : « Celui qui, au lieu d'aimer les plaisirs, aime et recherche les hommes sages, qui aide ses parents de toutes ses forces, qui se dpense tout entier au service de son prince, qui avec ses amis parle sincrement, quand mme on me dirait qu'un tel homme n'a pas tudi, j'affirmerais qu'il a tudi. »  


8.  Le Matre dit : « Si un homme honorable manque de gravit, il ne sera pas respect et sa connaissance ne sera pas solide.   Qu'il mette au premier rang la loyaut et la sincrit; qu'il ne lie pas amiti avec des hommes qui ne lui ressemblent pas; s'il tombe dans un dfaut, qu'il ait le courage de s'en corriger. »  


9.  Tseng tzeu dit : « Si le prince rend les derniers devoirs ses parents avec un vrai zle et honore par des offrandes ses anctres mme loigns, la Vertu fleurira parmi le peuple. »  


10.  Tzeu k'in adressa cette question Tzeu koung : « Quand notre Matre arrive dans une principaut, il reoit toujours des renseignements sur l'administration de l'tat.   Est-ce lui qui les demande au prince, ou bien est-ce le prince qui les lui offre ? »   Tzeu koung rpondit : « Notre Matre les obtient non par des interrogations, mais par sa douceur, son calme, son respect, sa tenue modeste et sa dfrence.   Il a une manire d'interroger qui n'est pas celle des autres hommes. »  


11.  Le Matre dit : « Du vivant de son pre, observez les intentions d'un homme.   Aprs la mort de son pre, observez sa conduite.   Si, durant les trois ans de deuil, il ne dvie pas de la voie dicte par son pre, on pourra dire qu'il pratique la pit filiale. »  


12.  Iou tzeu dit : « Dans l'usage des rites, le plus prcieux est l'harmonie.   C'est pour cette raison que les rgles des anciens souverains sont excellentes.   Toutes les actions, grandes ou petites, s'y conforment.   Cependant, il est une chose qu'il faut viter : cultiver l'harmonie pour elle-mme, sans qu'elle soit rgle par les rites, ne peut se faire. »  


13.  Iou tzeu dit : « Toute promesse conforme la justice peut tre tenue.   Tout respect ajust aux rites loigne honte et dshonneur.   Si vous choisissez pour protecteur un homme digne de votre amiti et de votre confiance, vous pourrez lui rester attach jamais. »  


14.  Le Matre dit : « Un homme honorable qui ne recherche pas la satisfaction de son apptit dans la nourriture, ni ses commodits dans son habitation, qui est diligent en affaires et circonspect dans ses paroles, qui se rectifie auprs des hommes vertueux, celui-l a un vritable dsir d'apprendre. »  


15.  Tzeu koung dit : « Que faut-il penser de celui qui, tant pauvre, n'est pas flatteur, ou qui, tant riche, n'est pas orgueilleux ? »   Le Matre rpondit : « Il est louable; mais celui-l l'est encore plus qui, dans la pauvret, vit content, ou qui, au milieu des richesses, reste courtois. »   Tzeu koung rpliqua : « On lit dans le Livre des Odes((??))

    
Le Livre des Odes, l'un des cinq grands classiques chinois, avec le Livre des Mutations, le Livre des Documents, le Livre des Rites et les annales des Printemps et Automnes (N.d..).  


 : ``Coupez et limez, taillez et polissez.''   Ces paroles n'ont-elles pas le mme sens((??))

    
Ne signifient-elles pas que l'homme honorable ne doit pas se contenter de n'tre ni flatteur dans la pauvret ni orgueilleux dans l'opulence, mais travailler conserver toujours la joie de l'me et la modration ?  


 ? »   Le Matre repartit : « Seu((??))

    
Tzeu koung


, je peux enfin parler avec toi du Livre des Odes !   ma rponse ta question, tu as aussitt compris le sens des vers que tu as cits. »  


16.  Le Matre dit : « Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas; affligez-vous de ne pas connatre les hommes. »  






  [Œuvre d'Escape, 1990-2015 (achevée, présentée au monde), auteur initial : Escape, France].  
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